Nina Lakhani

Préface de Marie-Dominik Langlois

Postfaces de Nancy Tapias Torrado et de Marie-Eve Marleau et Amelia Orellana

Traduction par Claude Rioux

384 pages

À paraître le 18 octobre 2022

Format 20 x 14 cm

ISBN : 978-2-924834-28-2

Prix : 29,95 $

Format ePub

ISBN : 978-2-924834-29-9

Prix : 20,99 $

À paraître le 18 octobre 2022

Qui a tué Berta Cáceres ?
Une défenseure autochtone contre l’extractivisme et les escadrons de la mort au Honduras

Berta Cáceres a été exécutée de trois balles le 2 mars 2016 à La Esperanza, dans l’ouest du Honduras. Récipiendaire en 2015 du prix Goldman, une haute distinction internationale dédiée à la défense de l’environnement, Cáceres était la principale dirigeante du Conseil des organisations populaires et indigènes du Honduras (COPINH), qui s’est illustré aux côtés du peuple Lenca dans sa lutte pour la défense de la rivière Gualcarque contre le projet de barrage hydroélectrique Agua Zarca.

 

Dans Qui a tué Berta Cáceres, la journaliste Nina Lakhani fait le récit du combat de cette femme contre un projet appuyé par la classe politique hondurienne autant que par les secteurs de l’armée, de l’agroalimentaire et des cartels de la drogue, tout en inscrivant cette lutte dans le contexte plus large du soutien des agences internationales et des compagnies étrangères aux projets énergétiques, extractivistes ou récréotouristiques dans le Sud global.

 

Est-ce que le fait que Berta Cáceres était une femme et une autochtone a pu contribuer à sceller son arrêt de mort ? Les engagements des dernières années de cette figure plus grande que nature des mouvements sociaux du Honduras s’inscrivent dans un parcours qui a commencé avec son ralliement précoce au FMLN au Salvador, son soutien aux mouvements universitaires, la résistance aux réformes néolibérales qu’elle a animée et son opposition au coup d’État de 2009 contre l’ancien président Zelaya.

 

L’ouvrage livre également la chronique détaillée de toutes les étapes de l’Affaire Berta Cáceres, depuis les préparatifs du meurtre de sang-froid de la militante écologiste jusqu’aux longues et complexes procédures judiciaires qui ont suivi. L’autrice met en lumière le réseau des complicités qui relient les sbires ayant liquidé l’activiste autochtone aux plus hauts échelons de la hiérarchie militaire en passant par les petits politiciens véreux et les propriétaires terriens auxquels ils sont soumis, sans oublier l’insertion partagée de ces acteurs dans la trame d’ensemble des opérations contre-insurrectionnelles menées par les États-Unis en Amérique centrale depuis les années 1950. Ainsi, la machination est démontée pièce par pièce, notamment à la faveur d’un usage pénétrant des témoignages des accusés et des témoins et des preuves soumises au procès des exécuteurs auquel Nina Lakhani a assisté du début à la fin.

 

Au mépris des menaces de mort et du harcèlement dont elle était couramment la cible depuis plus d’une décennie, et malgré l’assassinat ou l’emprisonnement de nombre de ses camarades de lutte, Berta Cáceres a maintenu intacte sa volonté de mobiliser la communauté lenca contre ceux qui cherchaient à exproprier et à détruire ses terres et ses eaux. À l’heure où, de l’Ouest canadien à la Papouasie en passant par l’Afrique centrale, la cupidité des entreprises et des États s’appuie sur un ordre structuré de corruption, d’impunité et de violence pour imposer des barrages, des mines ou des pipelines à des populations contraintes à payer le prix du sang pour leur résister, l’étude de cas que constitue le livre de Lakhani est riche d’enseignements.

 

Nina Lakhani est « senior reporter » pour The Guardian et se spécialise dans les questions de justice environnementale et de droits de la personne. Installée à New York, elle a travaillé durant plus de six ans au Mexique et en Amérique centrale et a collaboré avec la BBC, Al Jazeera et le Daily Beast. Elle est la seule journaliste étrangère à avoir assisté à l’entièreté du procès des assassins de Cáceres en 2018.

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