Andreas Malm

Préface de Mouloud Idir

208 pages

Parution juin 2020

Format poche (17 x 12 cm)

ISBN : 978-2-924834-07-7

Prix : 18,95 $

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Comment saboter un pipeline

« Nous dressons nos campements de solutions durables. Nous manifestons, nous bloquons, nous adressons des listes de revendications à des ministres, nous nous enchaînons aux grilles, nous nous collons au bitume, nous manifestons à nouveau le lendemain. Nous sommes toujours parfaitement, impeccablement pacifiques. Nous sommes plus nombreux, incomparablement plus nombreux. Il y a maintenant un ton de désespoir dans nos voix ; nous parlons d’extinction et d’avenir annulé. Et pourtant, les affaires continuent tout à fait comme avant – business as usual. À quel moment nous déciderons-nous à passer au stade supérieur ? »

 

Confrontant l’histoire des luttes passées à l’immense défi du réchauffement climatique, Andreas Malm interroge un précepte tenace du mouvement pour le climat : la non-violence et le respect de la propriété privée. Contre lui, il rappelle que les combats des suffragettes ou pour les droits civiques n’ont pas été gagnés sans perte ni fracas, et ravive une longue tradition de sabotage des infrastructures fossiles. La violence comporte des périls, mais le statu quo nous condamne. Nous devons apprendre à lutter dans un monde en feu.

 

Andreas Malm, né en 1977 en Suède, est chercheur en écologie humaine et est maître de conférences en géographie humaine en Suède et militant pour le climat. Il est notamment l’auteur de Fossil Capital (Verso, 2016) et de L’Anthropocène contre l’histoire (La Fabrique, 2017).

À propos de COMMENT SABOTER UN PIPELINE

Le réchauffement climatique est le problème vital de notre époque. Chaque nouvelle étude scientifique vient confirmer que la situation est pire que prévu, presque irréversible. Pourtant au premier rang des responsables identifiés, l’économie fossile continue de tourner à plein régime, comme si de rien était, avec le soutien affirmé ou discret des dirigeants politiques dont l’incapacité à faire face à l’écueil se révèle, de COP en COP, plus évidente. Le paradoxe est d’autant plus saisissant que le mouvement pour le climat a pris une ampleur sans précédent, organisant ces derniers mois dans les pays du Nord global des rassemblements massifs pour exiger des mesures des gouvernements. Dans le même temps, les investissements dans les énergies fossiles n’ont pas cessé d’augmenter et les projets de pipelines se multiplient. Comment cesser d’être à ce point inoffensif ?

 

C’est en tant qu’acteur de ces luttes qu’Andreas Malm entreprend ici une discussion critique des principes et des pratiques du mouvement pour le climat, dont la plupart des théoricien·nes plaident pour la non-violence et revendiquent l’héritage des Suffragettes, de Gandhi ou de Martin Luther King. Replongeant dans l’histoire de la désobéissance civile, Malm rappelle que la mise en œuvre de stratégies non violentes a toujours eu pour condition de possibilité l’existence d’une aile radicale, laquelle manque aujourd’hui à des organisations telle qu’Extinction Rebellion qui s’en trouvent neutralisées. La question n’est pas de choisir entre violence ou non-violence, mais de distinguer entre différents types de violence – et de savoir quand, comment, y recourir à dessein.

 

Or lutter contre le réchauffement climatique n’est pas la même chose que combattre un dictateur, une armée d’occupation ou un État ségrégationniste. C’est à l’infrastructure fossile qu’il faut s’attaquer en premier lieu, l’occasion de raviver toute une tradition de sabotage des équipements pétroliers et gaziers – jusqu’à celui récent opéré avec succès par deux militantes catholiques contre un pipeline dans l’Iowa. La consommation est l’autre versant du problème et Malm invite à faire la différence entre les émissions de CO2 « de subsistance » – auxquelles Macron a cru bon de s’attaquer, déclenchant la révolte des Gilets jaunes – et celles « de luxe » des ultra-riches, véritable « étendard idéologique » qui transforme un crime contre la planète et ses habitants en idéal de vie. Là encore le mouvement pour le climat doit savoir identifier ses cibles et intégrer à sa grille politique les rapports de classe et de race. Enfin s’il doit ajouter à son répertoire tactique la destruction matérielle, il lui faut garder à l’esprit les périls d’un extrémisme qui serait contre-productif, du substitionnisme et de la répression étatique.

 

Nous n’avons plus le temps d’attendre, tout ce qui n’a pas été tenté doit l’être, et les militant·es pour le climat de demain – potentiellement des millions – doivent apprendre dès maintenant à lutter dans un monde en feu.

About HOW TO BLOW UP A PIPELINE

Présentation de l’ouvrage original chez Penguin Random House

Property will cost us the earth

 

The science on climate change has been clear for a very long time now. Yet despite decades of appeals, mass street protests, petition campaigns, and peaceful demonstrations, we are still facing a booming fossil fuel industry, rising seas, rising emission levels, and a rising temperature. With the stakes so high, why haven’t we moved beyond peaceful protest?

 

In this lyrical manifesto, noted climate scholar (and saboteur of SUV tires and coal mines) Andreas Malm makes an impassioned call for the climate movement to escalate its tactics in the face of ecological collapse. We need, he argues, to force fossil fuel extraction to stop–with our actions, with our bodies, and by defusing and destroying its tools. We need, in short, to start blowing up some oil pipelines.

 

Offering a counter-history of how mass popular change has occurred, from the democratic revolutions overthrowing dictators to the movement against apartheid and for women’s suffrage, Malm argues that the strategic acceptance of property destruction and violence has been the only route for revolutionary change. In a braided narrative that moves from the forests of Germany and the streets of London to the deserts of Iraq, Malm offers us an incisive discussion of the politics and ethics of pacifism and violence, democracy and social change, strategy and tactics, and a movement compelled by both the heart and the mind. Here is how we fight in a world on fire.

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