DANS MA TÊTE, VOS CHAMPS DE RUINES

Récit
A. Hadi Qaderi
Préface de Cécile Rousseau
290 pages
Parution : 10 février 2016
Format : 20 x 14 cm
ISBN : 978-2-9813527-5-0
Prix : 20$
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Le récit d’Abdulhadi est d’abord une fenêtre sur l’histoire récente de l’Afghanistan telle que vécue par un témoin qui est né et a grandi dans le bruit et la fureur des guerres. Pédagogue par moment, il essaye de restituer la perception des acteurs sociaux et politique invisibles. Il nous propose aussi l’histoire d’une société structurée autour de familles dont les membres, même s’ils s’entredéchirent, se doivent une loyauté souvent indéfectible. Une société où appartenances religieuses et politiques se conjuguent de façon complexe pour dessiner les frontières de l’exclusion et de la solidarité. Enfin, c’est une plongée dans les souvenirs d’un enfant qui a gravé dans sa mémoire des images douces, fortes et cruelles. Les mots sont ceux d’un adulte, mais la vision qui les nourrit est celle de l’enfant, oscillant entre émerveillement, celui que l’on découvre au détour d’un paragraphe, effroi, colère et perplexité.
A. Hadi Qaderi est né en Afghanistan. Il se réfugie d’abord au Pakistan avec sa famille avant d’atteindre le Canada en 1994. Titulaire d’une maîtrise en science politique portant sur la Révolution afghane de 1978, il milite depuis plusieurs années dans divers mouvements et enseigne dans un cégep de Montréal. Dans ma tête, vos champs de ruines est son premier ouvrage.

UN HOMMAGE DE GILLES BIBEAU À HADI QADERI

Abdulhadi Qaderi signe, avec Dans ma tête, vos champs de ruines, le récit bouleversant, par endroits glaçant, de ses vingt-quatre premières années de vie. Dès le point de départ de son récit, on peut lire la mise en garde suivante : « Je ne suis pas romancier, et encore moins écrivain. Je voulais quand même décrire le vécu d’un enfant qui a traversé le désert de la vie (…). Si je décide de le faire, c’est dans l’espoir que cela puisse servir à quelqu’un. » Ce récit autobiographique dans lequel Hadi raconte ce qu’ont été son enfance et son adolescence peut être entendu comme un cri d’alarme lancé au monde d’aujourd’hui dans lequel des millions de réfugiés et de migrants chassés de leur pays, comme Hadi et sa famille le furent hier, se heurtent à des murs et à des portes closes. Les pays qui refusent de les accueillir sont pourtant souvent responsables, au moins pour une large part, des injustices et des violences qui sont à l’origine même de leurs fuites vers d’autres terres.

 

Tout n’est heureusement pas noir – loin de là – dans ce livre dans lequel Hadi remonte le temps, celui de ses années vécues en Afghanistan et au Pakistan, en s’attachant à évoquer les traces laissées en lui par les lieux successifs qu’il a habités – d’abord dans son hameau natal de Shad Khan Kalei (situé dans la province de Nangarhâr), pas loin de Jalalabad, puis dans la ville de Kunduz, au nord de Kaboul, où il a habité cinq ans, et ensuite à Peshawar où sa famille est allée rejoindre, quand Hadi avait treize ans, quelque trois millions d’autres réfugiés afghans. On suit donc l’enfant et l’adolescent tout au long de ses déplacements en Afghanistan, vers le Pakistan et jusqu’à son dernier départ, celui vers le Canada avec lequel se termine le livre. Dans ce récit tout imprégné de vérité, Hadi regarde, toujours d’un œil critique et parfois avec incrédulité, le spectacle de l’extrême violence qui l’entoure, inquiet qu’il est face à la folle quête du pouvoir politique que divers groupes idéologiques se disputent, au parfait gâchis des rébellions menées par des chefs de guerre, au trafic des armes et aux odieux mensonges de la propagande des puissances étrangères – russe, américaine – prétendant vouloir affranchir les Afghans du désordre politique.

 

Dans ce livre, l’auteur-narrateur observe constamment Hadi qui s’observe lui-même, engagé qu’il est dans des explorations intérieures qui le propulsent dans de douloureuses spirales mémorielles. L’enfant est terrifié par un père violent ; le silence le fige à la suite d’un viol subi à dix ans et sa honte est alors si forte qu’il n’en parle à personne ; il dit souffrir de la non-communication entre enfants et adultes ; il vit aussi fort mal l’absence d’intimité dans ces grandes habitations (qalah) où vivent de nombreuses familles apparentées ; il s’émeut lorsque conflits surgissent entre oncles et neveux, et entre coépouses ; il pleure lorsqu’il doit donner l’agneau dont il s’occupe pour qu’il soit sacrifié à la fête de Aid el-Kébir ; il est envahi par la joie, jusqu’à l’exubérance, quand il découvre la vie du bazar. Très tôt, Hadi s’est posé des questions : pourquoi un garçon doit-il être nommé à partir du « nom du père » ? Pourquoi les différents lignages sont-ils associés, chez les Pachtounes, à des métiers spécifiques qui se transmettent de père en fils ? Hadi résiste à l’idée de devenir bijoutier comme on l’était traditionnellement dans son clan.

 

Devenu adolescent – cet âge si important dans la formation de l’identité individuelle –, Hadi se rebelle face à certaines lois claniques qui lui apparaissent injustes, notamment celles autorisant la domination des hommes sur les femmes ; il s’en prend aussi à l’hypocrisie manifestée par de nombreux hommes qui prétendent vivre à partir des valeurs de dignité et de l’honneur – ce sont là les deux piliers du code pachtoune de conduite –, qui structurent la société dont le père de Hadi est issu dans le Nord-Est afghan. C’est avec ses yeux d’enfant puis d’adolescent que Hadi observe tous les aspects de la vie quotidienne telle qu’elle se déroule au sein d’une vaste famille qui vit à la limite de la pauvreté. Hadi est témoin de gestes de grande solidarité tout en s’affligeant des nombreux conflits opposant différents membres de sa parenté. Il soupèse aussi le bon et le mauvais de sa vie en tant qu’ismaélien – un rameau du chiisme – dans un monde dominé par l’islam sunnite.  Plus Hadi grandira, plus il s’interrogera, toujours avec sincérité et émotion, au sujet de ce qu’il convient de conserver dans l’ensemble des coutumes qui lui ont été transmises par sa société clanique d’origine.

 

Comme dans les grands romans d’apprentissage, l’auteur Abdulhadi Qaderi recourt à la troisième personne dans son récit, introduisant ainsi une distance temporelle et géographique entre le narrateur alors installé à Montréal et écrivant près de vingt ans après les évènements et le jeune Hadi du temps où il vivait en Afghanistan et au Pakistan. En écho à Sayd Bahodine Majrouh, poète et philosophe d’origine pashtoune, Abdulhadi Qaderi a placé les vers suivants en exergue à son livre : « Je me suis faite belle dans mes habits usés / Comme un jardin fleuri dans un village en ruine. » L’image du « jardin fleuri dans un village en ruines » empruntée au poète et militant afghan – Sayd Majroud a été assassiné à Peshawar en 1988, précisément dans la ville où la famille de Hadi s’était elle-même réfugiée en 1983 – fournit une belle métaphore qui rappelle les instants de bonheur vécus par le jeune Hadi, lesquels furent néanmoins souvent empoisonnés par une insidieuse violence. En dépit du fait que Hadi ait vécu ses premières années dans « un village de ruines », on peut dire que le jeune homme a bel et bien réussi son rendez-vous avec la « vie déplacée » – out of place – qui a été la sienne ; sa vie d’errance, le jeune Hadi l’a en effet transformée en une extraordinaire vitalité, voire en un trop-plein de vie, et en une puissante quête du bonheur. Très tôt, ce jeune homme a été porté, au plus profond de lui-même, par l’espoir fou de pouvoir s’en sortir en entraînant même une bonne partie de sa famille dans son propre sauvetage et salut.

 

Ce livre d’Abdulhadi Qaderi raconte l’histoire des capacités de résistance non seulement d’un jeune homme, mais aussi celle d’une grande famille, dans ses versants maternel et paternel, et celle enfin de larges segments du peuple pachtoune. Cette résistance multiforme et le goût de la vie qui la soutient, Qaderi les a exprimés à travers une ethnographie émouvante ancrée dans des expériences souvent douloureuses vécues au fil de la vie quotidienne de Hadi et en racontant certaines des situations auxquelles il a été confronté – pas seulement lui, mais aussi ses parents, ses frères et ses sœurs –, d’abord dans la région nord-est de l’Afghanistan où il est né et où il a vécu son enfance et ensuite au Pakistan où il s’est rendu à l’âge de treize ans et où il a passé onze ans de sa vie. Ainsi, dans cette autobiographie, on voit comment l’histoire personnelle de Hadi s’enroule dans l’histoire de sa famille, dans celle de son clan paternel et de sa communauté ismaélienne ainsi que du clan maternel pachtoune, et enfin, plus largement, dans l’histoire tragique vécue par l’Afghanistan à partir du milieu de la décennie 1970.

 

À Peshawar, cet adolescent de treize ans a d’abord vécu auprès de sa famille dans un camp de réfugiés. Sans tarder, il commença à travailler, de l’aurore à dix heures du soir, dans toutes sortes de métier avant de pouvoir apprendre un métier – celui consistant à vernir les meubles – auprès d’Ali Ahmad, le père d’une famille ismaélienne amie grâce à qui il a pu trouver du travail. Hadi se rapprocha aussi de la jamatkhana qui est ce lieu collectif où ses coreligionnaires ismaéliens se réunissaient pour la prière et pour toutes sortes d’autres activités sociales. Hadi qui parlait le pachto et le dari – les deux langues officielles d’Afghanistan – et qui comprenait le Pashaï – sa langue paternelle – à son arrivée à Peshawar s’est immédiatement mis à l’urdu qu’il apprit en suivant des émissions de télévision. Le jeune homme qui n’avait été à l’école que deux ans se passionnait déjà, dès ses quinze ans, pour l’histoire, pour la politique et pour les relations humaines. Hadi qui avait grandi dans une famille ismaélienne où on lui avait appris que le plaisir n’est rien s’il n’y a pas aussi une expérience de la douleur s’émancipa rapidement. Il ne tarda pas en effet à prendre conscience de la profonde aliénation que peut produire l’enfermement dans une communauté de croyances, fut-elle par ailleurs un espace de solidarité et de soutien, et dans une identité ethnique et nationale aux frontières trop fortement verrouillées.

 

Sans doute, cette conquête précoce de son « moi » a-t-elle été favorisée par les situations de guerres – celle des Soviétiques venus au secours en 1979 du gouvernement révolutionnaire de Kaboul, mais aussi de toutes les autres guerres qui ont suivi – qui sont à l’origine, pour une large part, des désordres personnels, familiaux et sociaux évoqués dans ce livre. De plus, Hadi n’avait que quatorze ans quand son père mourut, le forçant du même coup à assumer la fonction, dès son jeune âge, de chef de famille et à devoir acquérir la maturité nécessaire pour pouvoir jouer ce rôle. Une fois installé à Peshawar, Hadi s’est rapidement défait de son chapeau afghan et de son sadar, exprimant ainsi d’une manière visible la mutation qui s’était opérée en lui. Son entrée dans une nouvelle identité fut sans doute accélérée suite aux découvertes qu’il fit dans son nouveau milieu de vie où Hadi a trouvé, en dépit de toutes les difficultés, un espace pour être lui-même tout en s’ajustant à la très grande diversité sociale, culturelle et religieuse de Peshawar.

 

L’exil coupe, il est vrai, les liens à la terre des ancêtres, à la coutume dans laquelle le réfugié a été modelé et à tout ce qui le rattache à une manière-d’être. L’exil lui permet aussi de recomposer ses liens avec sa famille proche, sa parenté étendue et avec le peuple dont il est issu. L’enfant en a-t-il trop vu ? L’adolescent en a-t-il trop su ? Était-ce trop tôt dans sa vie ? Est-ce le poids trop lourd de ce qu’il a vécu qui a poussé Hadi à faire les révélations qu’on peut lire dans Dans ma tête, vos champs de ruines ? Tout désir de raconter sa propre vie, de remonter le temps jusqu’au jour de sa naissance, de faire sens des évènements vécus et de décrire le contexte familial et social dans lequel un enfant est devenu un homme, et en un mot le partage de secrets avec d’autres, tout cela porte sa part de mystère. En se penchant sur la vie quotidienne au sein de sa grande famille et en disant la violence qui a profondément blessé son pays et ses habitants, Abdelhadi Qaderi nous fait entrer dans l’intimité de nombreux personnages, proches et plus lointains, qui ont fait partie de la vie de Hadi. En assemblant les séquences de sa vie dans une vaste fresque, Qaderi s’est situé au plus près d’une réalité dont il a dévoilé, sans complaisance, les détails qu’il a rapportés avec une grande précision et sans fard. Il n’y a pas de doute que l’auteur a été servi, dans cette entreprise, par une formidable mémoire.

 

Il y aurait encore tant d’autres choses à dire au sujet de ce livre bouleversant, beau et triste à la fois. Tout au long du livre, le lecteur est placé en face d’un récit méditatif qui privilégie le retour sur des moments précis, heureux et malheureux, vécus par Hadi lui-même ou par des membres de sa famille et sur des évènements qui sont décrits tantôt d’une manière crue tantôt par le biais de rappels discrets. Les histoires de vie de ses proches qui s’emmêlent dans la biographie de Hadi se conjuguent en un récit qui interpelle, bouscule et questionne en invitant les lecteurs et lectrices à s’interroger sur leur propre histoire personnelle et familiale. Toutes les expériences vécues par Hadi ont altéré, à jamais, la vision qu’il s’est faite de l’Homme, de la politique étatique, de l’éthique sous-jacente aux codes culturels des sociétés et des interventions prétendument humanitaires faites par les pays étrangers dans l’Afghanistan de sa jeunesse. En racontant l’histoire de Hadi, l’auteur s’est placé à la jonction des inséparables liaisons entre bonheur et malheur, vie individuelle et vie familiale, entre guerre et paix, et à l’interface entre politique et religion, et entre espace national et géopolitique mondiale.

 

Dans ce texte très puissant, le regard intérieur que le jeune Hadi pose sur lui-même impose une forte présence, d’abord celle de l’enfant qui observe l’univers familial dans lequel il grandit et ensuite celle de l’adolescent qui recompose son identité au contact de nouveaux mondes découverts à Peshawar. À travers la quête de soi menée par ce jeune homme qui apprend progressivement à se libérer de ses premiers ancrages pour en arriver à vivre sans maître, c’est l’identité, toujours plus affirmée, d’un jeune homme qui se manifeste. De la récente traduction française faite par Abdulhadi Qaderi d’un poème écrit en pachto par le poète pachtoune Ghani Khan (1914-1996) et qui a pour titre « Étrange philosophie », je retiens les premiers vers, en remplaçant le mot « plateau » par le mot « livre », pour conclure ma lecture critique de « Dans ma tête, vos champs de ruines » en reprenant les premiers vers du poème :

 

« Sur ce plateau (dans ce livre), me voici entièrement
Mais toute cette conscience devient obsession
Dans ce plateau (dans ce livre), dans quelle mesure s’agit-il de moi ou de quelqu’un d’autre ? »

 

L’enfance et l’adolescence vécues par Hadi dans un contexte de guerre, de souffrance et d’abus de toutes sortes ressemblent, il n’y a pas de doute, à l’histoire de milliers d’autres jeunes qu’on retrouve aujourd’hui sur les routes de l’exil. À la question « Dans quelle mesure s’agit-il de moi ou de quelqu’un d’autre » formulée par le poète, la réponse à donner est sans doute la suivante : le personnage de Hadi peut être vu comme une figure prototypique qui représente l’exilé contemporain. En lisant l’histoire de vie de Hadi, une histoire belle et triste à la fois, peut-être les lectrices et les lecteurs arriveront-ils à penser tout autrement les chemins complexes et sinueux de l’exil. Merci Abdulhadi Qaderi pour ce livre. Nous attendons maintenant le livre qui devrait logiquement suivre : ne serait-il pas bien que tu nous nous racontes maintenant ce que tu as vécu depuis ton arrivée au Québec en 1994 et ce que le jeune qui avait alors 24 ans est devenu plus de 24 ans plus tard.

 

Gilles Bibeau, anthropologue
Professeur émérite
Université de Montréal

 

Ce texte a été présenté le 3 octobre 2018 dans les locaux d’Alternatives à Montréal dans le cadre du lancement de la traduction anglaise de l’ouvrage de Hadi Qaderi sous le titre In My Head, Your Fields of Ruins. La version anglaise, autoéditée, a été réalisée avec le soutien de Katasoho.

Revue de presse et commentaires

Cher Hadi, je viens de terminer, avec beaucoup d’émotion, la lecture de ton récit. J’ai été très touché par les aventures que tu nous livres avec beaucoup d’intelligence et de tendresse. Certaines pages m’ont révolté. J’ai été bouleversé par la profondeur de la misère humaine et morale de la société abandonnée à elle-même dans laquelle tu as grandi. Après cette lecture, on comprend mieux le caractère exceptionnel de la force intérieure qui t’anime. Malgré les différences fondamentales entre l’Afghanistan, le Pakistan et la société québécoise, il y a plusieurs expériences que tu as traversées dans lesquelles je me suis reconnu. Une part de ce que tu racontes a une portée universelle, je pense. Bref, un beau livre qui porte une grande part d’espoir malgré les côtés les plus obscurs de l’humanité.

Lorsqu’on lit un livre sur la vie d’un personnage et qu’on ne connaît pas le personnage, on réussit à le lire avec un certain détachement. Quand l’auteur est un ami, il est impossible de le lire avec détachement et ça crève le cœur. Abdulhadi Qaderi, j’ai de la compassion pour toi. C’est un honneur t’avoir comme ami.

Ton livre Dans ma tête vos champs de ruines est très touchant et mérite d’être connu et lu par tous. Les citoyens vont mieux comprendre ce qu’est vivre dans un pays déchiré par la guerre, la pauvreté et la misère humaine. J’ai une tout autre image de l’Afghanistan que celle propagée par les médias.

Salut ! Je viens à l’instant de finir ton très beau récit. D’abord, félicitations et merci de l’avoir écrit, publié et partagé avec tant de générosité et de simplicité. C’est un livre très important que je ferai circuler autour de moi. Quel parcours, que de rencontres et d’émotions en si peu de pages. C’est très émouvant d’avoir l’impression de te connaître beaucoup plus (je n’avais aucune idée de ton parcours) et en fait de te connaître si peu ! Je te souhaite une vie tranquille et heureuse, entourée des gens qui t’aiment et te soutiennent. Encore bravo, et au plaisir de militer ensemble !

Ma mère m’a envoyé un message ce matin, en direct des Hautes-Laurentides, qui pourrait t’intéresser et donner le goût à d’autres de te lire: « J’ai terminé la lecture du livre de ton ami afghan. Tu pourrais lui dire que j’ai beaucoup aimé et que ça m’a fait prendre autant plus conscience de la vie des gens de ce pays, qui se réfugient ici. Je le trouve courageux, modeste et humaniste. »

Cher Hadi, Je termine à l’instant ton incroyable récit qui non seulement m’a fascinée, mais qui m’a aussi laissé incrédule. Avec tout ce que tu as vécu, j’ai du mal à croire que tu sois si jeune. Du mal aussi à croire que tout ce que tu décris soit contemporain de notre époque. J’avais à certains moments, sans vouloir t’offenser, l’impression de lire un roman qui se situait au Moyen âge. Mais ce qui se dégage surtout de ton récit, et ce que je retiens, c’est le courage et la résilience dont tu fais preuve malgré les difficultés que tu as dû traverser. Ce livre est document exceptionnel qui a été pour moi très instructif, mais je dois dire qu’il m’a un peu laissé sur ma faim. J’aurais tant voulu découvrir le Québec à travers les yeux de Hadi et savoir comment le garçon peu scolarisé qui est arrivé ici il a y 20 ans a pu devenir la personne que tu es. Ça serait sans nul doute un sujet des plus fascinants et peut-être d’un autre livre… du moins on peut l’espérer.

Salut Hadi, comment vas-tu? Ici, tout va bien, il fait chaud ! J’ai terminé ton livre, avec tout ce temps dans les aéroports et les avions, j’en ai profité ! J’ai beaucoup aimé ça, je suis impressionnée par ta générosité et ta sincérité. Pas parce que je pensais que tu n’étais pas généreux et sincère là ! Mais parce que je trouve que ça prend du courage pour s’exposer comme tu l’as fait, pour raconter sa vie dans le détail à de parfaits inconnus, mais aussi à des gens pas si inconnus que ça. Je trouve que c’est un témoignage important que tu as partagé, et j’espère que beaucoup de gens auront la chance de le lire. Prévois-tu une suite ? À bientôt !

Hadi Jan. Je viens de dévorer ton livre au courant des 24 dernières heures. Merci pour ce récit si riche, si touchant, sincère et intime. Je suis fascinée par la diversité du parcours que tu y décris, merci de le partager avec nous. Ça permet de faire ressortir l’histoire de cette misère dont on n’aperçoit que des visages, quand on les aperçoit. J’ai apprécié cette lecture aussi parce que j’y ai reconnu beaucoup de choses [qui] sont très similaires en Iran. D’une certaine manière, c’est un témoignage que j’intègre à l’histoire que je considère comme mon héritage. Je suis très impressionnée par cette histoire qui est la tienne, et celle de beaucoup d’autres auxquels on sent que tu rends une certaine justice. J’ai aussi trouvé très intéressant le témoignage de la réalité politique de l’époque, pas tant dans les explications […] des événements que dans les changements que cela représentait dans vos vies. Aussi, je salue le courage avec lequel tu t’y dévoiles.  Bref, merci. Je sais que tu as dit que ça avait été difficile pour ta famille, en tout cas moi je n’y vois rien d’honteux, rien d’inexplicable, mais c’est parce que je le lis de l’extérieur et que j’ai grandi dans la culture occidentale. J’espère que les choses iront bien pour vous à ce niveau. Félicitations, porte-toi bien. À la prochaine.

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