Capitalisme carcéral

Jackie Wang

Préface de Dalie Giroux

Postface de Gwenola Ricordeau

Traduction de Philippe Blouin

400 pages

Parution le 22 janvier 2020

Format imprimé (17 x 12 cm)

ISBN : 978-2-924834-04-6

Prix : 21,95 $

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Dans son livre Capitalisme carcéral, Jackie Wang examine le fonctionnement actuel du capitalisme aux États-Unis illustrant divers aspects du continuum carcéral comme la biopolitique de la délinquance juvénile, la police prédatrice, le profilage racial, la gouvernance cybernétique et le maintien de l’ordre algorithmique. Comment un réseau carcéral et des appareils de répression policiers s’articulent-ils à la violence de l’économie et du racisme? S’agit-il de la continuation directe, sous un autre visage, du système d’esclavage qui perdura jusqu’au XIXe siècle et sur lequel se sont fondés les États-Unis d’Amérique? Est-ce un système de gestion des populations « surnuméraires » déclassées de leur position dans la hiérarchie sociale? Est-ce que les dispositifs policiers qui strient les espaces urbains ne seraient que d’autres moyens d’extraire de la valeur afin de garantir, à travers les mille et une infractions qu’ils répriment et le fermage d’amendes, la santé financière de l’État?

 

De la privatisation des prisons et des agences de sécurité jusqu’au développement massif d’une industrie technosécuritaire en passant par les algorithmes de reconnaissance faciale et le quadrillage GPS des villes qui les transforment en véritables prisons à ciel ouvert, cet ensemble d’hypothèses nous fait plonger au cœur de l’enfer du capitalisme étasunien, de ses logiques totalitaires et sécuritaires et de ses processus de racialisation des corps.

 

Jackie Wang vit à Boston. Essayiste, poète, cinéaste, historienne et militante politique, elle est fellow au Radcliffe Institute for Advanced Study et assistante professeure en Culture et médias au Eugene Lang College. Son Carceral Capitalism a d’abord paru dans la prestigieuse collection « Semiotext(e) » du MIT à Cambridge.

 

Dalie Giroux enseigne la théorie politique à l’Université d’Ottawa et est l’autrice de Parler en Amérique : oralité, colonialisme, territoire (Mémoire d’encrier, 2019) et de La Généalogie du déracinement. Enquête sur l’habitation postcoloniale (Presse de l’Université de Montréal, 2019).

 

Gwenola Ricordeau est professeure assistante à l’Université d’État de Californie à Chico depuis 2017. Elle a notamment travaillé sur les identités de genre et la sexualité dans les prisons, les contestations du système carcéral et les proches des personnes incarcérées et est l’autrice de Pour elles toutes. Femmes contre la prison (Lux éditeur, 2019).

 

Philippe Blouin est auteur et traducteur d’ouvrages de pensée politique. Il poursuit actuellement un doctorat à l’Université McGill sur la philosophie kanien’keha:ka et la question de l’alliance, à partir de son expérience d’activisme. Il est également musicien dans le groupe de rock expérimental Ce qui nous traverse.

Le point de vue de l'éditeur original, Semiotext(e)

Essays on the contemporary continuum of incarceration: the biopolitics of juvenile delinquency, predatory policing, the political economy of fees and fines, and algorithmic policing.

What we see happening in Ferguson and other cities around the country is not the creation of livable spaces, but the creation of living hells. When people are trapped in a cycle of debt it also can affect their subjectivity and how they temporally inhabit the world by making it difficult for them to imagine and plan for the future. What psychic toll does this have on residents? How does it feel to be routinely dehumanized and exploited by the police?—from Carceral Capitalism

In this collection of essays in Semiotext(e)’s Intervention series, Jackie Wang examines the contemporary incarceration techniques that have emerged since the 1990s. The essays illustrate various aspects of the carceral continuum, including the biopolitics of juvenile delinquency, predatory policing, the political economy of fees and fines, cybernetic governance, and algorithmic policing. Included in this volume is Wang’s influential critique of liberal anti-racist politics, “Against Innocence,” as well as essays on RoboCop, techno-policing, and the aesthetic problem of making invisible forms of power legible.

Wang shows that the new racial capitalism begins with parasitic governance and predatory lending that extends credit only to dispossess later. Predatory lending has a decidedly spatial character and exists in many forms, including subprime mortgage loans, student loans for sham for-profit colleges, car loans, rent-to-own scams, payday loans, and bail bond loans. Parasitic governance, Wang argues, operates through five primary techniques: financial states of exception, automation, extraction and looting, confinement, and gratuitous violence. While these techniques of governance often involve physical confinement and the state-sanctioned execution of black Americans, new carceral modes have blurred the distinction between the inside and outside of prison. As technologies of control are perfected, carcerality tends to bleed into society.

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